Raison d’être

Il y a un intérêt croissant pour la tarification du carbone comme outil politique de réduction les émissions de gaz à effet de serre responsables des changements climatiques – y compris les marchés du carbone et les taxes sur le carbone – de même que leurs liens avec d’autres efforts de régulation pour atténuer les changements climatiques. En Amérique du Nord, le Québec, la Californie et, jusqu’à récemment l’Ontario, jouaient un rôle clé en termes de politiques climatiques à travers un système d’échange des émissions opérant sous l’égide de la Western Climate Initiative (WCI). Au même moment, le gouvernement fédéral canadien a fait de la tarification du carbone une pierre angulaire de son plan d’action pour le climat, ce qui aura un impact significatif sur les politiques climatiques provinciales entreprises à ce jour. De la même manière, les états du nord-est des États-Unis, incluant le Vermont, ont établi la Regional Greenhouse Gas Initiative (RGGI). Malgré l’importance de la tarification du carbone comme instrument politique pour combattre les émissions, ce n’est pas le seul instrument de réduction des émissions. Et parmi les sources d’émissions au Canada et aux États-Unis, le secteur des transports est le plus important et s’avère être parmi les plus difficiles à s’occuper. Les collaborations inter et transdisciplinaires impliquées dans la tarification du carbone à travers les juridictions – et plus particulièrement celles en lien avec les systèmes d’échange d’émissions – promettent d’apporter un éclairage sur plusieurs questions auxquelles font face des gouvernements, des entreprises et d’autres acteurs des politiques dans les juridictions concernées.

Le changement climatique est l’un des défis déterminants de notre époque, nécessitant une coopération mondiale sans précédent pour éviter des niveaux dangereux d’émissions de gaz à effet de serre. Une action coordonnée au niveau infranational, mettant en place des processus politiques plus « ascendants », est de plus en plus perçue comme un stimulant pour une action climatique accrue. En Amérique du Nord, le Québec, la Californie et jusqu’à récemment, l’Ontario ont joué un rôle de premier plan dans la politique climatique grâce à un système d’échange de droits d’émission de gaz à effet de serre sous l’égide de la Western Climate Initiative (WCI), une entente de coopération volontaire entre juridictions. De même, les États du nord-est des États-Unis, y compris le Vermont, ont mis en place l’Initiative régionale sur les gaz à effet de serre (RGGI), bien qu’elle n’ait actuellement pas la même ambition que la WCI. Le transport est la plus grande source d’émissions des quatre juridictions incluses dans le JCCTRP.

Un effort de recherche coordonné et intégré qui explore les diverses dimensions techniques, économiques et politiques des efforts de réduction des émissions dans le secteur des transports au Québec, en Californie, en Ontario et au Vermont est opportun et important pour trois raisons. Premièrement, il y a un intérêt croissant pour la tarification du carbone en Amérique du Nord, y compris un examen plus approfondi des marchés du carbone, et un intérêt potentiel pour relier le WCI et le RGGI en plus de se connecter à d’autres systèmes d’échange de quotas ailleurs dans le monde. Deuxièmement, malgré l’importance de la tarification du carbone en tant qu’instrument politique de lutte contre les émissions, ce n’est pas le seul instrument, ni nécessairement le plus efficace, pour réduire les émissions dans le secteur des transports. En effet, la Californie et le Québec s’attendent à ce que la plupart des réductions d’émissions dans le secteur des transports se fassent grâce à des politiques comme l’amélioration des mesures d’efficacité des véhicules, de plus importants efforts pour passer à des sources d’énergie faibles en carbone, et une expansion de l’offre de services de transport collectif. Cependant, on craint que les approches réglementaires ne s’avèrent inefficaces et compliquent les liens avec le marché du carbone. Troisièmement, le JCCTRP travaillera à transcender les barrières de recherche interdisciplinaires et transdisciplinaires existantes afin de générer des connaissances solides et pertinentes sur le plan politique et une compréhension des politiques de transport en regard du climat dans les quatre juridictions